jeudi 05 2024

Le village de Cacao


On a vérifié les résultats, les hmongs sont des bon travailleurs n'en déplaise au reste de la population qui n'a pas la même énergie. 

Le site de Cacao fut tout d'abord occupé par une plantation dite « habitation de Sainte-Marie des cacaos » qui fut fractionnée par la suite. L'administration pénitentiaire s'y installa (bagne de Sainte-Marie) puis racheta l'habitation voisine "Eléonore" qui appartenait à M. Power et y installa le bagne de Saint-Augustin en 1854. Mais face à de nombreuses épidémies (fièvre jaune), il fut abandonné dès 1859.

En septembre 1977, le site qui appartenait alors à l'État a été mis à la disposition d'une communauté d'agriculteurs hmongs, originaires du Laos et réfugiés en Thaïlande. Environ 500 personnes furent ainsi transportés jusqu'à Cacao dans des camions militaires bâchés et hébergés dans des baraquements prêtés par l'armée (un deuxième groupe fut implanté un an plus tard à Javouhey dans la commune de Mana)2.

Les familles furent sélectionnées en Thaïlande par un oblat de Marie-Immaculée, le Père Yves Bertrais (1921-2007)3 ; les candidats volontaires qui ont été retenus étaient ceux qui avaient décidé de vivre de l'agriculture. On a pris également soin de sélectionner des groupes de plusieurs familles rassemblant trois générations successives, à l'instar des villages traditionnels laotiens2.

Cette installation fut facilitée par la création d'une association locale pour le développement du site de Cacao (ADESCA), fondé par l'épouse de Claude Ho-A-Chuck qui, à l'époque, était maire de Roura et président du conseil général de la Guyane. Deux oblats de Marie-Immaculée, les Pères Charrier et Brix qui parlaient la langue hmong, prirent la direction des opérations pour l'implantation de la communauté sur le terrain2.

Les Hmongs se constituèrent alors en quatre équipes : une chargée du débroussaillage, deux de la préparation des abattis, et un dernière de la construction des maisons2.

L'État concéda les 1 350 hectares du site par bail emphytéotique d'une durée de 99 ans à la coopérative agricole qui fut créée. Seuls 600 hectares exploitables furent défrichés et mis en culture. Sur les 750 hectares restants, 150 étaient jugés irrécupérables, tandis que 600 autres se trouvaient en forêt ou présentaient une forte pente rendant toute culture difficile2.

En moins de six mois, les Hmongs construisirent leurs propres habitations dans le style traditionnel, une centaine de maisons en bois et sur pilotis, ainsi que cinq bâtiments collectifs (une école, une infirmerie, une salle de réunion, une église et une salle d'exposition). Hormis les planches et les tôles de toiture qui leur furent gracieusement données, la communauté ne reçut aucune autre aide extérieure pour la construction de leur habitat2.

Grâce à leur ténacité, ces derniers feront de Cacao le premier fournisseur de produits maraîchers en Guyane,







Pour Jean Yves et Sandrine clin d'oeil au bien assis de Sartène